« Nous arrivons un peu avant huit heures trente à la maternité. La présence des deux étudiantes françaises s’avérera intéressante de part leur spontanéité et leurs réponses immédiates à certains ressentis émotionnels, étayant quelques uns de mes questionnements.
Dans la salle se trouvent quatre jeunes femmes dont deux en phase de travail. L’une d’elles vient pour des soins. Elle tient son enfant délicatement contre elle.
A ma gauche, une femme de trente trois ans vient d’accoucher juste avant notre arrivée, de son sixième enfant. Elle est arrivée en urgences le travail déjà très avancé. Le nourrisson est allongé prés d’elle, tous les deux sont sédatés par l’effort et récupèrent, détachés de l’activité environnante.
Dans cet environnement confiné se côtoient plusieurs histoires, les vécus incomparables de plusieurs femmes qui acceptent de partager avec nous les derniers moments de leur grossesse. Ce vécu est pour moi d’autant plus extraordinaire qu’il n’y a aucune présence masculine sur la maternité, excepté celle irrégulière du médecin. La sage-femme nous précise que les pères sont absents parce que les hommes ne sont pas les bienvenus, sans trop être capable de nous donner plus d’informations...».
« Yallatif» est un court métrage réalisé à la maternité de Thiès, au Sénégal, représentant avec pudeur et empathie la genèse des derniers instants de la vie de parturientes. Ses images empreintes d’une forte charge émotionnelle, questionnent le spectateur sur sa capacité à comprendre et supporter les émotions d'autrui, qu’elles soient positives ou négatives, qui plus est quand la culture est autre, et renvoie à la notion d’inférence, moteur de l’ethnocentrisme.
« Yalatif » : Coll. Les Faiseurs de Soins
samedi 25 juillet 2009
Yalatif
Dernières heures d’une génèse, maternité de Thiès,
Sénégal
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